• La SATURN selon Pix'nLove

    La SATURN selon Pix'nLove

    Nous avons enfin pu avoir entre les mains et sous les yeux l'édition hors série de l'éditeur pix'n Love sur la guerre des 32 bits. Un titre bien tapageur puisque dans cet La SATURN selon Pix'nLoveouvrage, de guerre, il n'en est point question. On a coutume de dire que ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire, il aurait été donc facile d'avoir entre les mains un livre pro-playstation dépourvu d'analyses et tombant dans les lieux communs concernant la 32 bits de Sega, moins puissante que sa rivale, dépourvue de licences fortes etc .... ça aurait été sans compter sur Regis Monterrin, le principal auteur de la partie Saturn du livre qui possède une mine de connaissances concernant d'une part, le monde du jeu vidéo et d'autre part, le fabuleux mange disques de Sega.

    L'ouvrage se compose de deux parties, la partie La SATURN selon Pix'nLovePlaystation et de l'autre la partie Saturn, c'est bien sur celle ci qui nous a le plus interpellé. Néanmoins j'incite tout à chacun à s'intéresser à la partie Playstation, tant le point de vu de Regis Monterrin pour la Saturn et de Damien Djaouti pour la console de Sony permet réellement de comprendre à quelle point ces deux machines partageant une même époque et une même réalité sont à l'opposées l'une de l'autre. 

    La SATURN selon Pix'nLoveL'historique et la genèse de la Saturn est surement la partie du livre la plus intéressante et la plus instructive. Malheureusement, on échappe pas à tout les poncifs habituels issues de rumeurs étayées par aucun fait. Regis Monterrin pousse le détail en incluant des dialogues entre Tom Kalinske, président de Sega of America et Hayao Nakayama, président de Sega Japon, qui cristallise toute les crispations, la compétition et les défiances entre les deux filiales. Seulement, encore une fois si des extraits de déclarations et d'interview larmoyantes de Tom Kalinske au sujet du grand méchant Sega of Japan deviennent le fil conducteur de l'histoire, aucune déclaration officielle d'Hayao Nakayama n'est retranscrite, juste les dires de Tom Kalinske. Hors, je pense qu'il aurait été aussi intéressant d'avoir sa version des faits. Entre un accord avorté avec Sony et une association avec Silicone Graphics à peine considérée, l'auteur omet de préciser que Sega est déjà sous contrat pour les futurs CHU de sa console avec Hitachi et que ce n'est pas dans les prérogatives de Sega Of America de concevoir les consoles de la marque. C'est Hideki Sato comme pour la Megadrive avant  qui donnera naissance à cette console atypique, composée comme une borne d'arcade, d'une puissance brute surement supérieure à ses concurrentes mais aussi terriblement difficile à dompter. 

    Ce qui est intéressant également et semble en revanche plus factuel, c'est le point de vue des développeurs qui ont eu l'occasion de se frotter à la bête. Entre défit personnel et casse tête informatique, les témoignages de développeurs de Lobotomy Software, fier créateur des meilleures versions consoles de Duke Nukem 3D et d'Exhumed oscillent entre incompréhension envers les géniteurs de la machine et satisfaction d'avoir pu tirer le meilleur d'une Saturn trop souvent victime de développeurs laxistes (ou limités par le temps), de même que les développeurs maison, de chez Sega, qui ont eu à coeur durant toute la commercialisation de la console de pousser la machine au niveau de ce qu'un gamer des années 90 était en droit d'attendre. Une description des divers kits de développements existants de la console de Sega est probablement trop pointue pour un néophite mais intéressera sans nul doute toutes personnes tentées par le homebrew. 

    Enfin un topo précis et fouillé sur 10 jeux emblématiques de la Saturn permettent en comparaisons avec le même exercice concernant la Playstation de Sony de se rendre compte à quel point la recherche artistique, tant dans un jeu comme Grandia ou Nights into Dream contraste avec les productions Playstation, ou , aussi qualitatives soient elles, le rendu technique et les moyens financiers sont au coeur des projets (station silicon graphics à plusieurs centaine de milliers de dollar pour Crash Bandicoot, pousser le bouchon jusqu'à créer une licence virtuelle pour Gran Turismo) au détriment peut être de ce qu'un soft est censé être avant toute chose; ludique.

    Alors bien même ces passages ne sont pas non plus vierge de toutes critiques, on peut regretter qu'un jeu comme Panzer Dragoon Saga n'ai pas fait l'objet d'un encart spécifique et encore plus Virtua Fighter 2 qui est pourtant le best seller game de la console.

    On s'interroge aussi sur le fait que parmi les 10 jeux emblématiques de la La SATURN selon Pix'nLovePlaystation, 4 soient aussi disponibles sur Saturn dans des versions parfois upgradés. Peut être aurait il fallu faire une rubrique mettant le focus sur les jeux emblématiques multi-plateformes comme Resident Evil ou Tomb Raider, mettant en avant alors les exclusivités de la machine de Sony comme Silent Hill, bizarrement absent.  

    Trêve de critiques, à défaut d'un ouvrage, mieux documenté, se consacrant uniquement à la 32 bits de Sega (Regis, écoute notre appel) et que celui ci par ses approximations ne fait sans nul doute pas référence, il a néanmoins le mérite de nous faire mieux rendre compte que, si la Playstation a été l'événement de son époque, responsable de la mutation du marché du jeu vidéo, la Saturn au bout de 21 ans, elle, reste un mythe. 


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